La Prévention Spécialisée

C’est à la fin de la seconde guerre mondiale, qu’on vit apparaître pour la première fois sous le nom de Clubs d’Enfants, la première génération d’expérience, reconnues comme fondatrices de la Prévention.
Des initiatives individuelles et locales se font jour, essayant de répondre aux désarrois et aux difficultés de tous ordres nés des bouleversements de l’après-guerre (déracinements – reconstructions). Ces derniers amènent un changement dans les mentalités, en même temps qu’apparaissent les premiers effets d’un développement urbain plus ou moins anarchique (phénomène des bandes d’adolescents, des « blousons noirs » au cours de l’été 1959). L’idée d’un nouveau type d’action face aux difficultés rencontrées par les jeunes, a été lancée par quelques personnalités, notamment Fernand DELIGNY, H. et M-T. FLAVIGNY à Paris, Robert CHAZAL, juge des enfants à Paris, P.MARTAGUET, juge des enfants à Bordeaux, qui aspirent à trouver des réponses autres que judiciaires et
répressives aux délits causés par les jeunes.

On peut ainsi considérer que la Prévention Spécialisée est née d’une critique interne de la prise en charge institutionnelle. Un peu plus tard l’Ordonnance du 23 décembre 1958 marque une étape importante, dans la mesure où elle regroupe en un texte unique, l’ensemble des dispositions concernant les mineurs en danger, non délinquants. C’est dans le cadre de leur pouvoir d’assistance éducative que des juges des enfants ont été amenés à s’intéresser et à soutenir le développement des clubs et équipes de prévention.

La prévention spécialisée s’inscrit dans la politique de protection de l’enfance dont les orientations sont déclinées dans le schéma départemental de protection de l’enfance et plus largement dans les politiques sociales, urbaines, économiques et culturelles du Département.

Dans le domaine de la protection de l’enfance, la prévention concerne aussi bien la prévention des inadaptations sociales que la prévention de la maltraitance mais aussi de la délinquance et des conduites à risques. Elle prend en compte les données de contexte départementale, local et national, afin de s’inscrire dans une logique de politique globale d’action sociale.

La prévention spécialisée est une action éducative en direction des jeunes les plus en difficulté.

La démarche consiste à « aller vers » et « faire avec » : il s’agit d’être présent dans les lieux et dans les moments où les jeunes ont l’habitude de se retrouver afin d’établir des liens amenant à une relation de confiance, préalable à toute demande d’aide.

Cette présence se fait à partir d’un travail de rue et se nourrit de moments partagés avec le jeune ou les groupes de jeunes. Les éducateurs de prévention travaillent étroitement avec les autres acteurs sociaux dans le cadre des loisirs, de l’emploi, de la scolarité, du logement, de la santé et de la justice.

Ces principes, apparus dans les années 1970, sur lesquels s’appuie l’équipe de l’APSM sont :

  • l’absence de mandat administratif ou judiciaire ;
  • la libre adhésion ;
  • le respect de l’anonymat ;
  • la non institutionnalisation des pratiques ;
  • le support associatif ;
  • l’inter institutionnalisation.