Journée internationale des droits de l’enfant

32ème anniversaire de la convention internationale des droits de l’enfant… 32 ? seulement ?

Mais il y avait quoi, pour toi mon gamin, avant ça ? Pas grand-chose semble-t-il. Retraçons un peu l’Histoire…

Longtemps considérés par la société comme des « mini adultes », sans besoin d’attention ou protection particulière, ce n’est qu’au milieu du XIXe siècle, en France, que naît l’idée d’une protection spécifique pour les enfants.  Le « Droit des mineurs » va se développer très progressivement et à partir de 1841 des lois protègent peu à peu les enfants au travail. A partir de 1881, c’est le droit français à l’éducation des enfants qui se construit. 

·         Au début du XXe siècle, la protection de l’enfant se met en place (médicale, sociale et judiciaire), d’abord en France, puis dans d’autres pays d’Europe.

·         A partir de 1919, la reconnaissance des Droits de l’Enfant commence à trouver un écho international avec la création de la Société des Nations, qui met en place un Comité de ¨Protection de l’Enfance.

·         Le 26 septembre 1924, la Société des Nations adopte la Déclaration de Genève. Cette déclaration des Droits de l’Enfant est le premier texte international adopté. En cinq points, ce texte reconnaît pour la première fois des droits spécifiques aux enfants et précise les responsabilités des adultes. Ah ! Quand même ! C’est qu’il a des droits spécifiques cet enfant !

Même si cette convention ne fait que cinq petits paragraphes, c’est le début de quelque chose en ta faveur mon gamin… Mais la route sera encore longue…

 Tu te demandes alors comment c’était avant, concrètement, pour un môme comme toi ?  Pas top je l’avoue. Certes tu pouvais avoir tout l’amour de tes parents mais ta personne ne valait pas grand-chose dans le monde adulte qui décidait tout pour toi, sans obligation de prendre soin de toi… un monde dans lequel le châtiment corporel était usuel pour te « faire comprendre » tes bêtises, à la maison comme à l’école qui n’était même pas obligatoire d’ailleurs…Tes paroles n’étaient pas à prendre au sérieux…c’est l’adulte qui a raison ! Très vite on te met au travail, et pas aux 35h hein… que tu le veuilles ou non. 

Sais-tu qu’à cette époque et même encore après on opérait les bébés sans les anesthésier en pensant qu’ils n’étaient pas vraiment conscients et que de toute façon ils ne s’en rappelleraient pas ? L’enfant, n’était pas considéré comme une personne à part entière… sauf pour travailler ou pour faire la guerre… bizarre non ?

En parlant de guerre : l’horreur de la Seconde Guerre mondiale laisse derrière elle des milliers d’enfants en détresse. Ainsi, en 1947 est créé le Fonds des Nations Unies des secours d’urgence à l’enfance. C’est la naissance de l’UNICEF qui devient en 1953 une organisation internationale permanente.

·         Le 10 décembre 1948, la Déclaration universelle des droits de l’homme reconnaît que «la maternité et l’enfance ont droit à une aide spéciale ».

Le fameux 20 novembre 1959, l’Assemblée générale des Nations Unies adopte la Déclaration des droits de l’enfant. Cette déclaration est adoptée mais non obligatoire pour les États qui l’adoptent… Hein ??? Ce ne sont encore, au départ, que des principes… des mots… Mais ça se peaufine : de 5 paragraphes nous passons à 10 principes qui tendent vers une enfance heureuse et protégée.  Cela engage aussi les parents et adultes qui sont responsables de toi, de ton bon développement, sans maltraitance, c’est-à-dire qu’ils n’ont pas le droit de te faire du mal, de se servir de toi ou de ne pas s’occuper de toi…

1966, un pacte international relatif aux droits de l’enfant est signé ; droit à la protection contre ton exploitation économique, à une éducation et à la santé, à un nom et une nationalité… on se répète, mais on avance…

Et nous voici en 1989, oui 30 ans après ce fameux 20 novembre…  30 ans !! Encore 30 années passées pour que les dirigeants du monde décident que les enfants doivent avoir une convention spéciale juste pour eux, d’une protection et d’une assistance spéciale. Et cette fois-ci, les Etats qui y prennent part sont obligés de la respecter, de prendre en compte les 54 articles qui la constituent. Oui 54 articles dans lesquels tout est réfléchi pour que tu puisses t’épanouir, grandir avec des droits dans un climat de bonheur, d’amour et de compréhension… c’est beau hein ? La déclaration contient aussi un certain nombre de devoirs que doivent accomplir tes parents et les adultes qui t’entourent.

Bon ce ne sont pas tous les pays qui se sont engagés direct, tu penses bien. La France est le 2ème pays à l’avoir signé et qui s’est donc engagé à la respecter. Il en faudra encore du temps, jusqu’en 2015 (la Somalie et le Soudan du Sud sont les 2 derniers) pour que tous les États [1] aient signé cette convention, tous sauf les Etats-Unis…

1989, j’avais 10 ans… et il est vrai que depuis des décennies, ça a quand même changé. Moi, gamin, je me faisais régulièrement tirer les oreilles par la maitresse, j’ai même pris l’une ou l’autre baffe ou coup de bâton. A la maison, pour beaucoup d’entre nous, il y avait le martinet, l’ustensile pour taper la poussière des tapis mais qui enlevait plus celle de nos fesses. La ceinture était à la mode, la cuillère en bois aussi, plus souvent l’outil des mères… Je n’étais pas malheureux, c’était comme ça que ça fonctionnait… Sauf que pour certains parents, c’était du quotidien, du systématique et ils s’en pensaient autorisés…Dans de nombreux domaines de la vie des enfants, les abus avaient lieu tant moralement que physiquement voire sexuellement, sans que la parole puisse être réellement déliée, entendue, soutenue, crue de la part d’un petit être qu’on n’a pas trop à prendre au sérieux, cette image qui colle à la peau mine de rien… 

Bon j’arrête, c’est vrai qu’à me lire ça donne l’impression qu’on a eu une enfance abominable… Au final, la considération qu’on a pour l’enfant aujourd’hui a beaucoup évolué. 

  Moi je suis éducateur dans la protection de l’enfance. Alors c’est te dire si tout ça, ça me parle… Je fais partie de ceux, et nous sommes nombreux, qui sont là pour que tu évites toutes formes de maltraitance, que tu sois accompagné, protégé, ou mis en sécurité le plus vite et le mieux possible. Là aussi pour te faire comprendre que tu n’es pas responsable du mal qui t’a été fait. Nous sommes là si tu as besoin de souffler, de parler, de pleurer ou de crier. Sans jugement nous t’accompagnerons, si tu le souhaites, sur ton chemin. 

Tu vas me dire que ce ne sont que des mots hein…encore… Pour le coup, là non… Tout n’est pas parfait dans notre système Français, c’est sûr, mais il est loin d’être le pire, crois-moi.

Il y a encore énormément d’injustice, d’inégalité et de violence envers nos enfants sur la planète… 2021 ! Punaise… et des gosses creusent encore dans des mines 12h par jour pour y récupérer les métaux qui se trouvent dans ton téléphone. En 2021, des millions d’enfants n’ont pas de toit, à manger tous les jours… dans le monde 35 000 enfants de moins de 5 ans meurent par jour à cause de leur condition de vie !!!!! T’y crois ça ? 1 enfant sur 5 est privé d’éducation… les enfants mendiants, soldats dans certains pays d’Afrique, marchandises sexuelles en Asie….

Alors en France oui tu as le droit de te plaindre, de contester, car oui la discrimination existe toujours malheureusement, des inégalités persistent… Mais n’oublie pas s’il te plait que tu as aussi tous les outils pour t’en sortir, pour avancer. Certes c’est parfois long et sans réponse immédiate, avec des refus et des galères… Mais il ne faut pas lâcher. 

 Car aujourd’hui tu as la possibilité de faire des choix qui sont les tiens, et ça ce n’est pas rien.


[1] pays reconnus par la communauté internationale. Ils ont tous un point commun, ils sont indépendants et sont gouvernés par un Etat souverain.

. Quelques infos un peu en vrac autour des Droits de l’Enfant (ressources, associations etc.) : 

  • A l’échelle nationale : 

 Il existe les Jeunes Ambassadeurs de Droits (JADE), qui sont des volontaires en service civique au sein des Défenseurs des Droits. Leur rôle est de sensibiliser les enfants et les jeunes aux droits de l’enfants et à la lutte contre la discrimination. Leurs interventions se font par binômes directement à la rencontre des enfants et des jeunes, dans leurs salles de classes, dans les hôpitaux ou bien encore dans les foyers de protection de l’enfance, et ceux-ci sur tout le territoire métropolitain et outre-mer.

Pour en savoir plus, lien de leur page internet : https://www.defenseurdesdroits.fr/fr/les-jeunes-ambassadeurs-des-droits-jade

  • A l’échelle locale : 

 A Mulhouse, par exemple, il existe l’association Themis, créée en 1990 (quasi en même temps que la CIDE) C’est un lieu d’accueil, d’écoute, d’information et de renseignement concernant l’accès à tes droits individuels. L’Association THEMIS a une antenne à Strasbourg, Colmar et à Mulhouse au 15 Avenue Clémenceau – 68100 MULHOUSE (03 89 46 25 02 – association68@themis.asso.fr). Elle propose des actions individuelles et collectives. Vous trouverez plus d’informations concernant leur champ d’action sur leur site internet : themis.asso.fr.

De nombreuses autres associations et institutions Mulhousiennes œuvrent d’ailleurs pour tes droits. Notre association L’APSM, inscrit par exemple son action dans le cadre de la protection de l’enfance. Les éducateurs et éducatrices spécialisées peuvent t’accompagner vers l’accès au droit commun comme l’accès aux soins, à la scolarité, à la formation. Les Centres Socioculturels, eux, sont présents dans le but de promouvoir l’accès à la culture et à l’animation. 

Code de l’enfant : 

https://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/31822_dicom_code_de_l_enfant_a5_v3.pdf

CIDE (Convention Internationale des Droits de l’Enfant) : 

https://www.diplomatie.gouv.fr/IMG/pdf/Conv_Droit_Enfant.pdf

En résumé la CIDE énonce que chaque enfant a :

  • Le droit d’avoir un nom, une nationalité, une identité.
  • Le droit d’être soigné, protégé des maladies, d’avoir une alimentation suffisante et équilibrée.
  • Le droit d’aller à l’école.
  • Le droit d’être protégé de la violence, de la maltraitance et de toute forme d’abus et d’exploitation.
  • Le droit d’être protégé contre toutes les formes de discrimination.
  • Le droit de ne pas faire la guerre, ni la subir.
  • Le droit d’avoir un refuge, d’être secouru, et d’avoir des conditions de vie décentes.
  • Le droit de jouer et d’avoir des loisirs.
  • Le droit à la liberté d’information, d’expression et de participation.
  • Le droit d’avoir une famille, d’être entouré et aimé.

DDE  (déclaration des droits de l’enfant): 

https://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/droits_enfants_declaration.pdf

Demain est à nous – film documentaire : En septembre 2019, à l’occasion des 30 ans de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant, UNICEF France devient partenaire du film documentaire Demain est à nous. Réalisé par Gilles de Maistres, ce film retrace l’histoire d’enfants venus des quatre coins du monde. Des enfants qui se battent pour défendre leurs convictions avec leur force de caractère et de courage. Ce film rend un bel hommage à ces enfants et à leurs droits. 

Kids united : qui a le droit 

Hode : Hymne officiel des droits de l’enfant (créé par plus de 600 enfants du département de la Loire, âgés entre 3 et 17 ans)